Dokument 
De Caen à Vienne : l'exposition universelle de 1873 : les exposants Normands : notes de voyage / par E. Chesnel
Entstehung
Seite
32
Einzelbild herunterladen

- 32

boulevards, la ceinture dorée du proverbe ; enfin, autour du Ring, des faubourgs modernes , vastes et aérés.

Le Ring supporte honorablement la comparaison avec ses confrères les boulevards de Paris. De chaque côté, des palais de toutes les architectures possibles, des magasins étincelants ; une foule énorme dans les cafés et sur l’asphalte : deux ou trois rangées de can­délabres le long des trottoirs ; enfin, sur la chaussée, les équipages, les cavaliers, les voitures de place, les omnibus, les tramways, etc.

Vienne est tout à fait une ville de luxe et de plaisirs ; les habitants ont des goûts raffinés et quel­que peu sensualistes. C’est la seule cité allemande où les femmes sachent s’habiller avec élégance et porter gracieusement les modes parisiennes. Du reste, c’est une population tout [aimable, pleine d’une prévenance sympathique et d’une courtoisie de bon ton pour les étrangers.

Dès le matin, les cafés sont envahis ; on savoure de l’excellente bière de Pilsner, de Dreher, de Fanta, etc.; des glaces, même de l’eau claire, dont les Viennois font une consommation considérable. Le soir, une grande partie des habitants se réfugie dans d’immenses jardins éclairés à giorno et qui ren­ferment : deux ou trois salles de concert, des salles de bal, un théâtre, des restaurants, des cafés, des jeux de toute espèce, et au moins trois orchestres. A dix heures, tout est fini ; il faut se défaire ici de ses